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dimanche, 31 juillet 2005

EXPOSE SUR LE LIVRE DE COLOSSIENS


EGLISE  EVANGELIQUE FOURSQUARE DE CÔTE D’IVOIRE.

 
PRESENTE PAR L’EVANGELISTE  VINCENT DEPAUL GNAHORE.

 Encadreurs :

  Prophète Abed-Nego

Docteur Ake Guichard
 
Remerciements 
 
Je veux rendre grâce au Dieu tout puissant qui m’a appelé dans son Amour à le servir. Que son nom soit béni, lui qui m’a non seulement sauvé mais m’a choisi, pour annoncer au monde le message du salut en Jésus-Christ. A lui soit la gloire et l’honneur aux siècles des siècles ! Je remercie particulièrement mon épouse qui m’a aidé dans la saisie du texte. Toute ma gratitude, au Président Gnépé Marius et son épouse, au Secrétaire Couessan Brice et son épouse, à mon père spirituel dans le Ministère le Missionnaire Alladja et son épouse, au Pasteur Ouaga Richard et son épouse, aux pasteurs Aké et leurs épouses, au pasteur Mesmer et son épouse, au pasteur Prophète Abed-Nego, mon président de district et son épouse, au pasteur Tchoumou et son épouse, à l’évangéliste Dingui Roger, à l’évangéliste Kakou Théophile, au prophète Gnoupalé, au pasteur Ahi Parfait et leurs épouses, qui nous ont encadré et nous ont adopté à l’Eglise Foursquare côte d’ivoire, pour qu’aujourd’hui nous soyons candidats au test de consécration.
A Mme Bity et son mari, à Mme Oula et son mari, toute ma reconnaissance. A ma fille Tatiana Oula, à mon église et à tous les fidèles qui m’ont soutenu, mes sincères remerciements !

 Introduction
 

L’apôtre Paul, citoyen romain de la diaspora juive, premier missionnaire du christianisme auprès des païens et son premier théologien, apôtre des Gentils, est né à tarse d’un père pharisien. Juif d’origine, Paul est issue de la tribu de benjamin. Avant sa conversion il se nommait saul, nom hébreu qu’on lui a certainement donné en mémoire de l’ancien Roi d’Israël, Saül.

Erudit, était Paul, car il étudia à Jérusalem avec Gamaliel, l’un des meilleurs docteurs de la loi et membre du sanhédrin, représentant de l’aile modérée des pharisiens. Pétrit d’une grande connaissance intellectuelle de son temps, il n’était pas étranger aux discours philosophiques, on pourrait même dire que Paul était un philosophe, puisqu’il savait certainement, quelques notions sur cette sagesse qui l’on permis à Athènes dans son ministère, d’affronter quelques philosophes épicuriens et stoïciens qui n’ont pas hésité à parler avec lui.

Homme de grande conviction, servant avec zèle et obéissance la secte pharisienne à laquelle il appartenait, il n’hésite pas à exécuter les ordres, même les persécutions contre les croyants. Violent opposant au christianisme, désigné officiellement pour diriger cette campagne contre les chrétiens, il persécuta sévèrement l’église. Dans sa fureur contre les croyants il a cautionné des meurtres de quelques croyants, entre autre le meurtre du diacre Etienne       (Actes 8 :1).

Une fois converti, humblement, Paul lui-même se réclamera d’être le premier des pécheurs, n’étant pas digne d’être apôtre du Seigneur Jésus-Christ (1timothée1 :15). Car avant sa conversion, membre de la secte pharisienne la plus rigide, il avait approuvé le meurtre d’Etienne qui fut lapidé à mort. Après donc ce meurtre, il entama une autre mission dans le cadre de ce vaste programme de persécution des croyants. C’est en allant dans une de ces missions à Damas avec des lettres pour les églises de cette localité pour des exécutions, qu’il fut converti après sa rencontre avec le Seigneur Jésus-Christ.

Tout comme Jérémie que le Seigneur a choisi dès le sein de sa mère, Paul certainement a été choisi par le Seigneur. Ces paroles du Seigneur le concernant sont fort édifiant à ce sujet : « Va, car cet homme est un instrument que j'ai choisi, pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d'Israël. »(Actes9 :15) Ces paroles en effet ont été adressées à un certain Ananias à Damas, qui conduira le premier, les pas de Paul dans la voie du Seigneur.

Ces paroles, témoignent explicitement que Paul serait un instrument entre les mains du Seigneur pour porter loin son nom, devant les nations, devant les rois et devant les fils d’Israël. Cette parole s’accomplira à la lettre car une fois converti, Paul est devenu, le fidèle et bouillant apôtre du Seigneur. Prêt aller partout, il se réclamait comme étant le ‘’doulos’’ du Seigneur c'est-à-dire l’esclave du Seigneur « Paul serviteur de Jésus-Christ » (Rom1 :1)

Par ’’la grâce du Seigneur’’, comme lui-même, il l’aime à le dire, notre apôtre va, en fidèle serviteur de Christ exercer son ministère qui va l’emmener à prêcher Christ ‘’jusqu’aux extrémités de la terre’’. Par lui, la lumière de l’évangile va briller parmi les nations païennes. A Rome, à Corinthe, à Ephèse, en Galatie, en Macédoine dans la ville de Philippes, en Grèce dans la ville de Thessalonique et en Asie mineure dans la ville de colosse.

Ces églises une fois bâtie, Paul en bon berger du troupeau va prendre soin d’elles en les visitant au travers de ses nombreux voyages missionnaires, en les édifiant par des épîtres qu’il leur adressait.

 Mais qu’est-ce qu’une épître ? Pourquoi cette forme d’écrit pour que Paul s’en serve pour s’adresser aux églises ? Une épître, c'est une espèce particulière d'écrit. Ce n'est pas qu'entre une épître, une lettre et un autre écrit il y ait toujours une grande différence. Dans un sens, un livre même est une lettre adressée au public. Il est admis, en général, qu'une lettre n'est pas un écrit qui s'adresse à tout le monde.

 Paul écrivait donc des lettres ou des épîtres pour s’adresser à une assemblée en générale mais aussi pour être plus proche des fidèles comme s’il s’adressait à eux en particulier. Aussi par des épîtres, il édifiait non seulement la foi des fidèles mais aussi les enseignait, en leur démontrant que Jésus que les juifs ont crucifié est vraiment le fils de Dieu celui qui nous sauve de nos péchés : « En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce »  (Eph1 :7)

A presque toutes les églises fondées par Paul, il avait envoyé des épîtres. Soulignons que, non seulement Paul écrivait à ces églises mais aussi à des fidèles en particulier. Nous avons pour ainsi dire, l’épître de Paul aux Romains, aux Corinthiens, aux Galates, aux Ephésiens, aux philippiens, aux Colossiens, aux Théssaloniciens. L’épître de Paul à Timothée, à Tite, et à Philémon.

Chaque épître traitait d’un sujet précis, soit pour des questions doctrinales, pour instruire les croyants de ces églises, soit pour censurer des faux frères et des faux docteurs qui s’infiltraient parmi le troupeau pour l’égarer. C’est donc dans cette perspective que l’épître de Paul aux Colossiens retiendra notre attention pour qu’elle nous dévoile la richesse de son contenu. En effet notre choix sur cette épître est évocateur. La pertinence du contenu de l’épître est fort appréciable non seulement pour les destinataires de cette épître mais aussi pour nous qui l’étudions ici et maintenant.

L’épître, a été probablement écrite à Rome en 60-64 après J.-C. Elle a été adressée aux chrétiens de Colosse, une cité de la Phrygie, en Asie Mineure. Elle fait parti des épîtres que Paul a écrites quand il était en prison. Et le but de l’épistolier est d’abord un message pour exhorter les croyants mais aussi pour lutter contre les erreurs doctrinales, conséquences d’un mélange d’enseignement judaïque, de spéculations orientales et philosophiques. Des hérésies qui tendaient à voiler la gloire divine de Christ.

Aussi, posons-nous la question de savoir si le thème qui se dégage en substance de cette épître a t-il un intérêt pour nous aujourd’hui ? Le message de l’épître aux colossiens est-il encore contemporain pour l’église actuelle, si oui pourquoi ? Si non pourquoi? Quel est l’enjeu pour nous d’exposer sur cette épître ? Si «toute Ecriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice » (2Tim3 :16), en quoi cette épître pourrait nous instruire, nous corriger et nous enseigner ?

Dans le souci d’étudier cette épître, nous tenterons de la diviser en six parties autour desquelles vont s’articuler notre exposé. La première partie, c’est l’introduction de l’épître (chapitre1 :1-14), elle comprend deux points.

Le premier point, il s’agit de la salutation de Paul et de l’action de grâce à Dieu. Le deuxième point, il est question de la prière de Paul ou de Christ, salut du monde. La deuxième partie, c’est la partie doctrinale dont le thème principal est la gloire de la personne et de l’œuvre de Christ. Cette deuxième partie contient deux chapitres ; le premier chapitre (15-24) parle de la glorieuse prééminence de Christ. Le deuxième chapitre (v1-7) quant à lui met en exergue la préoccupation de Paul concernant l’état de l’Eglise.

La troisième partie, est une étude comparative de la doctrine de Christ et des faux docteurs.

La quatrième partie, est une exhortation adressée aux croyants. Elle comprend le chapitre (3 :1-17) La cinquième partie, qui comprend le chapitre 3 et 4, traite de la famille chrétienne et enfin la conclusion de l’épître (v.7 à 18)
 
Première partie :
I.1 Adresses et action de grâce

L’introduction de la lettre aux colossiens dans laquelle Saint-Paul adresse ses salutations et félicite l’église de colosse comprend le chapitre 1, précisément (vv.1-14). Elle est signée de Paul, comme la plupart de toutes ses lettres, mais précisons que Paul suit l'usage de l'antiquité, qui, du moins pour ce qui concerne la signature, avait bien son avantage mais il va au delà de l'usage. On voit plus ici que des titres officiels résultant de conventions humaines, on voit des titres spirituels, des titres enregistrés dans le ciel, éternels pour ainsi dire. On voit aussi le rapport de celui qui écrit avec ceux à qui il écrit.

Dans cette introduction en effet, apparaît l’assemblée à      laquelle l’épître est adressée c’est à dire l’église de colosse. Ville de l’Asie Mineure, située à environ 160 km à l’est d’Éphèse, célèbre par le caractère voluptueux et les moeurs molles et relâchées de ses habitants. Elle fut, un des premiers sols de l'antiquité chrétienne où s'imprimèrent les pas des apôtres et où brilla le flambeau de l'Evangile. Soulignons que cette lettre s'adresse à une assemblée que Paul n'avait jamais visitée (ch. 2 v. 1). En réalité Colosses semble avoir reçu l'évangile par le moyen d'Épaphras disciple et fidèle compagnon de Paul (Colossiens 1.7).
Nous comprenons donc les raisons pour lesquelles la signature de l’épître est évocatrice.     ‘’Apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu’’, non seulement pour les colossiens qui n’avaient jamais vu l’apôtre, pour qu’il sachent que c’est Dieu lui-même qui a fait de Paul, un apôtre, mais, il s'avertit lui-même que, apôtre par la volonté de Dieu, il ne peut parler et agir que selon la volonté de Dieu. Paul ajoute à son nom celui d'un autre ministre de l'Evangile : Timothée. Dans plusieurs de ses épîtres Paul ajoute à son nom celui de quelque autre apôtre : dans la première épître aux Corinthiens c'est Paul et Sosthène. Nous reconnaissons ici l'esprit de la primitive Eglise et la trace des préceptes de notre Seigneur Jésus-Christ lui-même qui, lorsqu'il envoya ses disciples pour la première fois dans les villes de la Judée, les y envoya deux à deux. Cette épître est pourtant de Paul, c'est sa propre pensée qu'il exprime et plusieurs fois il parlera de lui et non plus de Timothée. Pourquoi le nomme-t-il au commencement ? Son but est de montrer aux Colossiens qu'il n'est pas seul, que, tout fortifié qu'il est par son Dieu, il croit utile de s'associer quelqu'un dans son enseignement.
Ce sont donc deux ministres de Jésus-Christ qui rendent le même témoignage. Il semble que cela ait été aussi dans l'esprit de l'oeuvre du ministère évangélique de l'Eglise primitive d'obéir à la parole antique : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » (Genèse 2.18). Ce sentiment les portait vers Dieu, mais aussi les disposait à s'appuyer les uns sur les autres. Ils sentaient le besoin les uns des autres, et d'ailleurs ils sentaient qu'il ne fallait pas être seul pour régler de grands intérêts, pour diriger des amis, pour exercer un grand pouvoir.
Ajoutons que c’est pendant son premier emprisonnement à Rome que Paul écrivit l’Epître aux Colossiens, de même que celles aux Éphésiens et aux Philippiens. Pour mieux analyser cette introduction, nous pouvons la diviser en deux parties. La première partie (Ch1v1-8), il s’agit des salutations apostoliques et les recommandations de l’apôtre. De sa prison, où il y est dans les chaînes, il adresse des salutations chaleureuses aux fidèles croyants de colosses. En effet selon son habitude, l'apôtre relève d'abord tout le bien possible chez les croyants auxquels il écrit. C’est dans cette optique que Paul salue ‘’les saints et les fidèles frères’’ qui sont à Colosse.
Cette expression ’’saints et fidèles frères’’ ne faisait que refléter ce qu’étaient réellement les chrétiens de colosses. Ce n’était pas des termes flatteurs. Le terme ‘’saint’’ désigne, ceux qui sont attachés à Christ. Toutefois, il ne faut pas se tromper sur le sens du mot ‘’saint’’. Paul ne dit pas que tous ceux qu'il appelle saint ont une égale sainteté ; mais tous ont été mis à part dans le même sens que l'étaient les vases du tabernacle ; ils sont saints de vocation, c'est-à-dire appelés à être saints ; et ils le sont aussi jusqu'à un certain point de vie et d'action.
Quant au mot ‘’fidèle’’ il signifie croyants. C’est pour ces croyants, que Paul, rend grâce à Dieu et leur rend hommage pour le témoignage qu’il a reçu d’eux. Ce témoignage rendu aux colossiens, fait état de leur foi et de leur amour pour les saints. En effet cette ville s'était distinguée de bonne heure par sa piété et la pratique des vertus chrétiennes (Colossiens 1.3-8 ; 2.5). C'est ce qui l'honore parmi les villes à qui l'apôtre a adressé des lettres car, du reste, elle était moins considérable et elle est moins célèbre que beaucoup d'autres Eglises, moins connue qu'aucune de celles auxquelles saint Paul a écrit.
Mais devant le témoignage qu’il a reçu d’Epaphras au sujet de l’église de colosse, il ne pouvait s’empêcher de les féliciter sincèrement. Une telle introduction, si nous considérons toute l’épître, est pertinente, surtout qu’elle est inspirée par le Saint-Esprit. En réalité, en tant que leader, en tant que bergers, qui ont à leur charge des fidèles à encadrer et à conduire dans les voies du Seigneur, la méthode paulinienne doit nous inspirer. Aussi avant toutes choses, même s’il était question de censurer, de discipliner, reprendre un fidèle pour une faute commise, il est important de reconnaître les acquis de l’œuvre que l’évangile a opéré dans la vie de celui ou ceux à qui nous nous adressons.
C’est pourquoi, avant toutes choses la salutation de Paul est un souhait, comme toute salutation : saluer c'est souhaiter le salut du corps et de l'âme. Il y a toujours un voeu. Le souhait de Paul à ses amis c'est ‘’grâce et paix’’. La grâce, c'est-à-dire la bienveillance divine dans toutes ses manifestations, voilà ce qu'il faut souhaiter aux hommes avant tout, car hors de là il n'y a aucun bien. Il n'y a de vrai bien que le bien suprême et le bien suprême c'est la bienveillance de Dieu. Quiconque souhaite à ses amis, autre chose que la grâce de Dieu ne sait pas ce qu'il souhaite ; il leur souhaite peut-être du mal.

Au mot de grâce est joint celui de paix. La paix est le fruit de la grâce, sa manifestation ; c'est le nom du vrai bonheur. Les hommes, jusqu'à un certain point, en conviennent ; ils ont toujours souhaité la paix pour eux-mêmes, et le mot de paix, dans les langues mêmes non chrétiennes, a été le terme de salutation convenu : ainsi en Orient. En effet, ce mot ne résume-t-il pas tous les bienfaits à la fois ? Celui qui a la paix n'a-t-il pas tous les biens, ou ce qui les remplace tous ?

 La paix, n'est-ce pas le nom du terme auquel nous tendons par diverses routes, les uns par le travail, les autres par l'inquiétude et beaucoup par le péché ? Non seulement la paix nomme très bien le bonheur, mieux que le mot de bonheur lui-même qui signifie bonne chance, mais paix est un mot absolument vrai. Puis la paix dont parle saint Paul, celle que donne Jésus-Christ, cette paix, étant la vraie paix, renferme en soi plus que le contentement et la tranquillité ; elle renferme encore la vertu ou la justice, condition indispensable de la paix.

C’est dans cet esprit, que Paul va saluer ses interlocuteurs et apprécier le fruit du message de l’évangile dans la vie de ceux-ci. Il va apprécier, leur foi dont il a entendu parler par le biais d’Epaphras qui a évangélisé cette ville. Non seulement leur foi, mais aussi leur amour pour les saints. Dans l’introduction de cette épître apparaît déjà l’état spirituel des colossiens. Aujourd’hui, que ne constatons-nous pas ? L’amour a disparu de nos églises, l’individualisme, l’égoïsme, conséquences de ce monde moderne, ont pris la  place de l’amour. Les colossiens ont donc quelques choses à nous enseigner. Ces croyants de Colosses, avaient quelques choses de différents, que les autres communautés à qui Paul a écrit.

Ces frères étaient bien plus avancés que les Galates quant à leur état spirituel. En parcourant l’épître, nous verrons certes certains sujets importants sur lesquels l’apôtre Paul devait exprimer un avertissement ; cependant, pour le principal, ils avaient fait de vrais progrès et l’apôtre pouvait parler de leur « ordre » et de la « fermeté » de leur foi en Christ (Col2:5). Ces colossiens formaient un heureux contraste à la fois avec les Corinthiens et les Galates, les premiers étant caractérisés par le désordre et les seconds par le détournement de la foi de Christ.

Quelle était la vie passée des colossiens ? Une telle question, pourrait nous aider à mieux apprécier le témoignage que Paul rend aux  colossiens, toutefois, nous ne pouvons avec exactitudes dire, comment chaque colossiens a vécu avant sa conversion au Christ, néanmoins ce qui retiendra notre attention, c’est le fruit qu’a produit l’évangile qui leur a été annoncé. En eux les paroles de Paul devenaient effectives : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. » (2cor5 :17) Les colossiens, doivent nous inspirer, l’évangile qu’ils ont reçu, n’étaient pas de simples paroles qu’ils ont entendu, mais l’expression d’une communion véritable avec le Christ vivant, car nous nous portons véritablement des fruits, dans la mesure où sommes unis au Seigneur (jn15 :1).

Paul pouvait féliciter les colossiens, car ils témoignaient vraiment qu’ils étaient disciples du Seigneur, conformément aux paroles du Seigneur Jésus-Christ : « Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. »

Ces résultats de l’évangile qui leur a été annoncé et pour lesquels Paul félicite les colossiens, soulignons-le est l’obéissance aux ‘’instructions’’ que les colossiens ont reçu d’Epaphras. Nous comprenons à juste titre les actions de grâce de l’apôtre pour les colossiens. Il n’en pouvait pas être autrement puisque, la joie du prédicateur, c’est de voir ceux à qui nous annonçons l’évangile obéir aux instructions du Seigneur. Après ce souhait et la salutation dictés par l'amour, saint Paul puise dans ce même amour les félicitations qu'il adresse aux Colossiens. Il rend grâce à Dieu, « ayant été informé de la foi et de la charité des Colossiens ».

 Mais, avant d'entrer dans le détail de cette félicitation, remarquons une parenthèse bien intéressante : « Nous rendons grâces...dans les prières que nous faisons sans cesse pour vous ». Ainsi point de félicitations sans prière, ce qui est un aveu de dépendance bien juste et bien nécessaire. Féliciter quelqu'un c'est se réjouir avec lui de son bonheur, c'est dire : Vous êtes heureux d'avoir ces avantages et je m'en réjouis avec vous ; mais, comme le bonheur ne dépend pas de nous, comme la conservation de nos biens est un acte continuel de Dieu qui confirme ses dons, il faut, à cause de cela, en demander la conservation à Dieu, le prier.

Prière et encouragement, doivent s’inscrirent dans nos méthodes d’encadrement des fidèles. Paul dans cette introduction nous enseigne, à apprendre à encourager nos églises, reconnaître l’œuvre du Seigneur dans leur vie, et même discerner les fruits qu’ils portent, comme les croyants de colosse, en qui, Paul avaient souligner leur amour pour les saints. Un tel exercice, pour féliciter très souvent nos assemblées.

 
I.2 La prière de Paul pour l’église de colosse ou Christ, salut de Dieu pour le monde.
 

L’apôtre Paul a écrit à cette Eglise comme apôtre et comme ami. En effet dans cette lettre aux Colossiens, l’apôtre n’entre pas trop dans les détails d'organisation. Mais tout simplement, des salutations traditionnelles, après avoir fait leur éloge. Paul dans cette prière, formule pour les colossiens, du fond de sa prison dans les chaînes, un vœu, pour que l’église soit non seulement riche en bonnes œuvres mais qu’elle soit remplie de la sagesse. Précisons que Paul savait à quoi il faisait allusion sachant surtout les attaques aux qu’elles étaient exposées l’église, puisque des philosophes, des agnostiques enseignaient une autre sagesse qui pouvait séduire les fidèles, ce qui d’ailleurs est leur souhait.

Qui sont les agnostiques ? Les agnostiques, du grec agnostikos,                            « inconnaissable »), sont des philosophes tout comme les stoïciens, les épicuriens, qui enseignaient  que l'existence de Dieu et d'autres êtres spirituels n'est ni certaine, ni impossible. La prière de Paul, est fort appréciable. Dans la mesure où, il demande aux colossiens,  qu’ils soient remplis de la connaissance de la volonté Dieu, en toute sagesse et intelligence spirituelle. Une telle prière est, conformément aux Ecritures la meilleure à formuler en faveur d’un frère, d’une église.

Car l’Ecriture, déclare, « Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance. » (Osée 4:6). Paul ne voulait donc pas que l’église soit détruite, par les hérésies des faux docteurs qui tordaient les vérités bibliques. Ces docteurs enseignaient une fausse révélation du Christ, lui qui est Dieu véritable et sauveur véritable.  Nous prions pour toutes sortes de sujets, mais à l’instar de la prière de Paul, la sagesse de Dieu, lumière qui fait tomber les écailles de nos yeux pour saisir la révélation de Christ, doit figurer parmi nos sujets de prière. Cette sagesse, et cette intelligence spirituelle, c’est Christ.

 Précisons que cette sagesse, ne va pas sans la crainte de Dieu. D’ailleurs la crainte de Dieu est le commencement de la sagesse. Nous comprenons bien pourquoi Paul relie la sagesse, et l’intelligence spirituelle (pour lesquelles il prie le Seigneur), au fait de « marcher d'une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes oeuvres et croissant par la connaissance de Dieu ». (Col 1 :10)

Marcher d’une manière digne du Seigneur, c’est vivre dans la pureté, dans la sanctification, en somme, vivre conformément à la parole de Dieu. Cela n’est possible que, si seulement si nous sommes enseignés, et que nous acquérons la sagesse, la connaissance. Socrate, philosophe de l’antiquité grec disait que nous péchons par ignorance.

  L’ignorance, est la source du mal, de la mauvaise conduite. C’est pourquoi, quand la vérité de la parole de Dieu, pénètre notre cœur, elle fait tomber les écailles de nos yeux, et rempli nos cœurs de l’amour du Seigneur. Aussi c’est avec joie que nous efforçons d’obéir au Seigneur. Paul, savait que c’est la connaissance de la volonté de Dieu et la sagesse divine que nous recevrons de Dieu et dont nous serons remplis, qui peuvent influencer les colossiens, et faire d’eux des fidèles qui marchent d’une manière digne du Seigneur.

Cette prière de Paul pour les colossiens, nous rappelle les paroles de David « Je serre ta parole dans mon coeur, Afin de ne pas pécher contre toi. » Serrez la parole de Dieu dans nos cœurs, est synonyme d’être rempli de la connaissance et de la sagesse divine. Le Psaumes 1, a une forte similitude édifiante avec les propos de Paul. En effet celui qui médite jour et nuit la parole de Dieu, sera nécessairement remplie de cette sagesse et de cette connaissance dont parle l’apôtre. Il s’en suit dès lors qu’une telle personne portera des fruits, et croîtra spirituellement.

Paul dans sa prière demande que les colossiens, croissent dans la connaissance de Dieu, mais il prie également qu’ils deviennent ‘’puissants à tous égards’’. Cette expression ‘’puissant à tous égards’’, signifie que les colossiens, mais que les chrétiens révisent, leur conception de la puissance de Dieu. Car nous pensons généralement, que c’est quand des personnes tombent au cours de nos cultes, qu’on parle de puissance ? Non, la puissance, c’est aussi la puissance en parole, la puissance dans la vie de sainteté, la puissance dans le témoignage à rendre au Seigneur.

Mais aussi la puissance de la foi. La foi qui vient de la parole de Dieu, la foi qui se nourrit de la connaissance de cette parole de Dieu dont nous seront imprégnés. La foi dans la connaissance du Seigneur, afin que nous soyons persévérants et patient. La connaissance est le socle de la foi. Nous pouvons persévérer dans notre marche avec le Seigneur parce que nous avons la connaissance des promesses du Seigneur. Nous sommes imprégnés de la connaissance, sur ce qu’a été la vie de tous ceux qui ont cru au Seigneur et comment a été leur fin.

La puissance qui nous donne de triompher pour Dieu, sur le péché et sur le monde et tout ce qu’il contient, c’est la foi : « parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde; et la victoire qui triomphe du monde, c'est notre foi. »(1 Jn5 :4) Nous devons, si nous voulons être puissant à tous égards prendre en compte la recommandation de Paul, acquérir la connaissance.

Cette connaissance en effet, nous fortifiera nécessairement, pour prendre patience et persévérer dans l’espérance. Cette requête de l’apôtre enfin, exhorte les colossiens de rendre grâce au Seigneur, pour son œuvre rédemptrice. Nous devons avec les Colossiens, rendre grâce au Père qui nous a rendu capable d’avoir part à ‘’l’héritage des saint dans la lumière.’’ Cet héritage, est à deux niveaux. D’abord nous sommes héritier de Dieu et co-héritier avec Christ.

Héritier de Dieu, ceci implique que nous sommes des enfants légitimes de Dieu. Car un héritage, ne revient qu’aux enfants légitimes. Nous sommes donc des enfants légitimes de Dieu, et cela devrait nous réjouir. Nous qui étions (selon les termes de Paul) « en ce temps-là sans Christ, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde. Mais maintenant, en Jésus-Christ, nous qui étions jadis éloignés, nous avons été rapprochés par le sang de Christ. » (Eph 2 : 12-13)

En tant qu’étranger nous étions privé des promesses de Dieu, de toutes les bénédictions du Seigneur. Mais en Christ nous avons maintenant part à ‘’l’héritage de saints dans la lumière’’ c'est-à-dire, nous avons part à l’héritage dont à part tous ceux qui croient en Christ. Un héritage, qu’il réserve aux saints (Eph 1 :18) l’héritage de la vie éternelle, « un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux »            (1 Pierre 1 :14)

Cette parole, est un véritable stimulant de la foi, en ce sens que le croyant y trouve un réconfort dans un monde où nous souffrons. Nous savons que dans les cieux, nous entend un héritage, aussi nous ne pouvons permettre que l’ennemi de nos âmes prenne le dessus sur nous par des soucis sans fin, car, à l’idée que nous avons part à cet héritage des saints, notre foi et notre espérance sont fortifiées.

Mais nous avons plus de raison de nous réjouir car nous qui étions autrefois esclaves de Satan, Christ nous a délivré. « Là où es l’esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Cor 3 : 17) et « Personne ne peut entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort; alors il pillera sa maison. » (Mc 3 :27) Jésus-Christ a réellement vaincu et triomphé par la croix les puissances des ténèbres, il  dépouillé l’ennemi (Col 2 : 15) il a désarmé Satan et toute sa cohorte.

Christ peut (puisqu’il a vaincu les puissances des ténèbres), libérer tous ceux qui étaient esclave. N’a-t-il pas dit lui-même, « L'esprit du Seigneur, l'Éternel, est sur moi, Car l'Éternel m'a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers la délivrance. » (Luc 4 :18)

En Christ, Dieu nous a délivrés. Nous qui étions sous l’influence de la puissance de l’air (Eph2 : 1-2), nous sommes maintenant libres de cette influence. Dieu, nous ayant transporté dans son royaume. En effet ceci est possible, quand nous savons que le Christ notre sauveur est au ciel à la droite du Père et « Notre vie est cachée en lui » (Col 3:3), dès lors nous sommes assis dans les lieux célestes avec le Sauveur glorifié.

Paul ici rappelle, la position du croyant : Nous sommes en Christ, nous nous mouvons en Christ, aussi là Christ est, nous y sommes, même si nous sommes encore ici sur la terre, mais en esprit nous sommes en Christ assis dans les lieux célestes. Nous avons une position privilégiée ; en Christ donc nous sommes au-dessus de Satan car celui en qui nous sommes, est assis dans les lieux célestes, il est « au-dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir » (Eph 1 :21)

Que grande ne serait pas notre joie à savoir que nous en Christ au-dessus de toutes ces réalités citées plus haut ! C’est avec raison donc que l’apôtre nous invite à rendre grâce à Dieu. Non seulement pour cette œuvre merveilleuse, mais aussi parce qu’en Christ, nous avons la rédemption. La rédemption, d’une façon littérale, c’est l’action de racheter. Au plan théologique, c’est le salut apporté par Jésus-Christ. Christ en effet, est celui qui nous sauve parfaitement, car c’est lui l’agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde.

La Bible dit que « Le salaire du péché, c’est la mort » (Rom. 6 :23) Depuis le livre de la Genèse, l’homme a péché contre Dieu, sa désobéissance est la cause de la mort, mais de la mort éternelle (Rom.5 : 12-21) « C'est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché,...car jusqu'à la loi le péché était dans le monde. Or, le péché n'est pas imputé, quand il n'y a point de loi.

Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu'à Moïse, même sur ceux qui n'avaient pas péché par une transgression semblable à celle d'Adam, lequel est la figure de celui qui devait venir. Mais il n'en est pas du don gratuit comme de l'offense; car, si par l'offense d'un seul il en est beaucoup qui sont morts, à plus forte raison la grâce de Dieu et le don de la grâce venant d'un seul homme, Jésus-Christ, ont-ils été abondamment répandus sur beaucoup. Et il n'en est pas du don comme de ce qui est arrivé par un seul qui a péché; car c'est après une seule offense que le jugement est devenu condamnation, tandis que le don gratuit devient justification après plusieurs offenses. Si par l'offense d'un seul la mort a régné par lui seul, à plus forte raison ceux qui reçoivent l'abondance de la grâce et du don de la justice régneront-ils dans la vie par Jésus-Christ lui seul.

Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes.

Car, comme par la désobéissance d'un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l'obéissance d'un seul beaucoup seront rendus justes. Or, la loi est intervenue pour que l'offense abondât, mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé, afin que, comme le péché a régné par la mort, ainsi la grâce régnât par la justice pour la vie éternelle, par Jésus-Christ notre Seigneur. »

Paul loue véritablement Christ. Il le présente non seulement comme notre rédempteur mais comme le logos, le verbe créateur dont a parlé Jean dans le prologue de l’évangile de Jean : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. » (Jn 1 :1-3)

Le Christ est ‘’le premier né de toute la création’’ ne veut pas dire, que Christ est crée comme nous les hommes et les anges, mais tout simplement qu’il est avant toute choses, le premier en tout, l’Alpha et l’Oméga. Dieu, et véritable Dieu, incréé, il est le deuxième Adam, devenu homme pour nous sauver, il est le premier des hommes, en tant que celui qui n’a pas honte de nous appelés ses frères. Il est ainsi le deuxième Adam qui obéissant à Dieu jusqu’à la mort à la croix, nous fait entrer dans cette nouvelle création dont il est lui-même l’auteur. C’est pourquoi Paul dit : « Si une personne est en Christ, il est une nouvelle créature » (2 Cor 5 :17)

Il est la tête de cette nouvelle création, que Dieu fait en Lui. Car en lui Dieu fait toutes choses nouvelles : « Car je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre; On ne se rappellera plus les choses passées, Elles ne reviendront plus à l'esprit. » (Esaïe 65 :17) Tout comme, par lui et pour lui tout a été crée, pour lui et par lui des nouveaux cieux et une terre et des nouveaux hommes seront crées. L’église qui est cette communauté d’hommes, des femmes et des enfants nouveaux dans le Seigneur, a pour chef Jésus-Christ.

L’église n’a pas pour chef un homme, l’église n’a pas pour chef un leader humain, aussi grand soit il. Le chef de l’église, celui qui la dirige, celui par qui l’église est née et subsiste, c’est Jésus-Christ. Cette église le Seigneur en prend soin au point où, il a dit « Les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. » (Math 16 :18)

Ô oui nous devons louer Dieu pour ces paroles. Paul comme s’il anticipait, sachant l’enseignement des faux docteurs au sujet de Christ, nous présente le Seigneur Jésus-Christ non pas comme un simple envoyé de Dieu, mais comme le Dieu véritable, ‘’ Il est l'image du Dieu invisible’’. Christ lui-même disait, personne n’a vu le Père, celui donc qui le voit a vu Dieu. (Jn 14 :9) 

Notre Seigneur est vraiment digne d’être adoré. Il n’est pas celui que d’écrit les faux docteurs, qui nie sa divinité, car il est véritablement Dieu, en qui et par qui toutes choses ont été créées : ‘’les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités’’. Il est l’incontournable, l’incomparable, celui qui est au-dessus de toutes dominations, il est le Seigneur des Seigneurs.

Les grands de ce monde, les savants, les sages ne peuvent comprendre le salut de Dieu. Ils ne peuvent comprendre comment Christ peut sauver, ils ne peuvent pas comprendre la grâce rédemptrice du Seigneur Jésus-Christ. Ses contemporains eux-mêmes, ses frères, n’ont pas vus en lui le messie qui sauve. Or il est véritablement le chemin, la vérité et nul ne peut venir à Dieu sans passer par lui.

Jésus-Christ, « Le mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints » (Col 1 :26) est le centre d’intérêt du message de Paul et de son travail d’apôtre, qu’il tente de présenter aux colossiens. Le centre d’intérêt de l’évangile, c’est Christ. Le dessein de Dieu, avant même la fondation du monde, se réalise pleinement en Christ, « En lui habite, toute plénitude » (Colossiens 1 :19).

Christ et le salut dont il est l’auteur, ont fait l’objet des investigations des patriarches dans les temps passés. Aussi Siméon de son côté, en le voyant dans le temple où ses parents l’on apporté, pour le présenter au Seigneur, dira ceci : « Car mes yeux ont vu ton salut,   salut que tu as préparé devant tous les peuples, lumière pour éclairer les nations, et gloire d'Israël, ton peuple. »      (Luc 2 :31) Ce salut consiste en ce fait que, Dieu a envoyé dans le monde son Fils unique Jésus-christ, mourir pour nous à la croix, et que dans sa mort et sa résurrection, nous soyons sauvés.

    L’homme par sa chute, son péché est étranger à la vie de Dieu, étranger à sa communion. Un mur nous sépare de Dieu, le mur de l’inimitié. Car pécheurs devant Dieu, nous marchons et nous posons des actes qui l’offensent. En cela l’homme est non seulement ennemi de Dieu mais un mur le sépare de ce Dieu, le mur érigé par nos mauvaises œuvres, par le péché.

    Mais béni soit Dieu, par la mort de Christ, le mur de l’inimitié que nous avons érigé nous même par nos péchés, est brisé et renversé. Christ nous réconcilie ainsi avec Dieu. Il réconcilie toute chose, ce qui est sur la terre comme dans les cieux. Précisons que c’est Dieu lui-même qui prend l’initiative. Quel amour de Dieu, lui qui a été offensé, nous pardonne et nous réconcilie avec lui-même : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique,afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais qu’il ait la vie éternelle. »(Jn3 :16)

     Et les démarches de la réconciliation que Dieu a entrepris, c’est qu’il a envoyé au temps marqué Christ afin que quiconque croit en lui paraisse devant Dieu, irrépréhensible, saint et sans reproche. Nous pouvons avoir part à ce salut à une seule condition, si nous demeurons ferme et que nous persévérons dans la foi.

    Christ est présenté par Paul avec beaucoup d’éloquence car Paul voulait implicitement combattre les faux enseignements au sujet de Christ que propageaient certains faux docteurs en ces temps là.

 
I-3 Christ le mystère de Dieu
 

Le mot mystère dérivé du grec musterio signifie une chose secrète, cachée. Du point de vue philosophique c’est ce que la raison ne peut pas comprendre. Paul en présentant Christ comme « le mystère  caché de tout temps et dans tous les âges mais révélé maintenant à ses saints. »(Col 1 :26) mène un combat en faveur des païens dans son ministère.

En effet pourquoi parmi les païens ? C’est tout simplement parce que ce monde païen privé de la connaissance de Dieu, seule capable de nous satisfaire, est à la quête perpétuelle de toute sagesse de toute connaissance que ‘’le serpent ancien’’ leur présente. Le serpent ancien c'est-à-dire le diable qui dans Genèse au chapitre 3 tenta Adam et Eve, en les poussant à manger le fruit défendu par des arguments fallacieux selon les quels : « mais Dieu sait que le jour ou vous en mangerez vous serez comme des dieux connaissant le mal et le bien ».Du coup nous voyons que la soif de la connaissance, la maîtrise et la compréhension des choses cachées a été toujours l’appât auquel les hommes tentés par le diable ont mordu. Cette quête de la sagesse, est quelque fois en terme séduisant appelé ‘’ mystère ‘’.la séduction étant dans les sociétés traditionnelles comme dans les sociétés modernes, pour mieux attirer on habillait cette sagesse de toute cérémonie occulte et où les initiés avaient part. dans des ordres mystiques par exemple le diable y fait toujours miroiter cette quête de la connaissance des mystères pour avoir ses adeptes. Paul en homme bien averti voudrait en présentant Christ comme le mystère de Dieu, montrer que la vraie connaissance qui conduit au salut de l’âme,cette quête de la connaissance que recherche les païens et qui ne peut pas les sauver ne se trouve nulle part qu’en Christ. Connaître Christ donc c’est comprendre la sagesse de Dieu. Et pour qui veut comprendre les mystères cachés doit résolument se tourner vers Christ, car les païens peuvent tout connaître avoir toute la sagesse, et cette sagesse peut les conduire à la folie et au désespoir.

 Mais le mystère de Dieu c'est-à-dire Christ en nous c’est l’espérance de la gloire. Paul dans ce combat qu’il menait visait un seul objectif annoncer le mystère de Dieu c'est-à-dire Christ, qui libère, celui par qui et en qui il pourra présenter à Dieu tout homme devenu parfait. Paul veut en s’adressant aux colossiens, leur dire tout simplement la révélation qu’il a reçu de Dieu : « C'est par révélation que j'ai eu connaissance du mystère sur lequel je viens d'écrire en peu de mots. » (Eph 3 :3)

Le mystère dont parle Paul loin d’être une simple connaissance et une révélation salutaire en ce sens que les païens qui n’étaient considéré comme un peuple est désormais en Christ un peuple élu pour Dieu.

Une nette comparaison se dégage ici. La connaissance et la sagesse que le diable fait miroiter aux hommes, les détourne de Dieu et les défigure en les rendant imparfait. Mais connaître Christ le mystère caché dans tous les âges réhabilite et fait de nous de nouvelles créatures bâties selon la stature parfaite de Christ saints, irréprochables et parfaits comme notre maître céleste l’est.

Ce mystère dans lequel ‘’sont cachés les trésors de la sagesse et de la science’’ est effectivement un trésor qui contient l’abondante richesse de Dieu qu’il a manifesté parmi les gentils, par la prédication de l’évangile qui présente Christ crucifié comme l’unique condition du salut des hommes.

 
Deuxième partie : La gloire de la personne et de l’œuvre de Christ.
 
La doctrine est très importante, raison pour laquelle Paul dans ce chapitre défend cette doctrine sur la personne de Christ. En effet Paul tient à faire la lumière sur cette doctrine à cause des fausses doctrines auxquelles étaient exposés les colossiens et  qui pouvaient détruire leur foi. Des doctrines dans le passé comme aujourd’hui ont quelque fois présentés Christ soit comme une créature de Dieu soit comme un simple envoyé de Dieu.

Or Christ est plus que tout cela car est Dieu et l’image même de Dieu. N’a-t-il pas dit celui qui m’a vu a vu le père ? (Jn5 :58) Les témoins de Jéhovah et l’Islam pour ne citer que ceux-là nous présentent une mauvaise image de Christ, aussi nous pensons que Pour nous contemporains l’épître de Paul aux colossiens est très édifiant en ce sens qu’il nous révèle la nature de Christ en tant que le Dieu véritable. Or celui qui nie le Fils, nie aussi le Père, c’est pour la révélation sur la divinité de Christ dans les sainte écritures est d’une portée capitale. Nous devons nous en imprégner pour ne pas que des doctrines pernicieuses nous séduisent et nous détournent de la vérité et de Christ notre Dieu et notre sauveur.

Dans l’épître aux Hébreux, il dit que Christ est «…le reflet de sa gloire et l'empreinte de sa personne, et soutenant toutes choses par sa parole puissante, a fait la purification des péchés et s'est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts » (Héb 1 : 3) Dans l’Ancien Testament Esaïe disait déjà du Fils qui naîtrait « Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule; On l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel » (Esaïe 9 :6)

L’écriture  dans l’Ancien comme le Nouveau rend témoignage de la divinité de Christ et Paul ne voulait pas que les colossiens perdent de vue cette doctrine essentielle par l’influence de l’enseignement des faux docteurs. Aussi démontre t-il cette divinité en ces termes qu’en Christ habite toute la plénitude divine. Mais comme si cela ne suffisait pas, il ajoute qu’il est le créateur de toute chose. Tout a été crée par lui et pour lui. Il est le logos, le verbe créateur.

Dès lors les colossiens devaient comprendre que ce Christ dont leur parle n’est pas une créature mais il est le Dieu véritable celui dont il est dit : «  Et toi, Bethléem Éphrata, Petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, Et dont l'origine remonte aux temps anciens, Aux jours de l'éternité. » (Michée 5 :2)

Christ est Dieu. Paul le démontre, en parlant de lui comme celui qui existe avant toutes choses : « Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. ». C’est ce qu’on appelle la préexistence de Christ. Jean dans son évangile au chapitre 1v1-11, démontrant cette divinité de Christ fait aussi allusion à  cette préexistence, à savoir, Le logos, la parole était avec Dieu, elle est Dieu, s’est fait chair et venue habité parmi les siens. En outre le Christ lui-même, disait aux juifs qui l’écoutaient qu’il a existé et qu’il est de tout temps. Il est avant toutes choses. Le Christ n’a pas commencé a existé dès sa naissance comme s’il était une créature. Lui qui est Dieu incréée, il était avant toutes choses et toutes choses ont été créé par lui. Aux juifs il disait «  En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis. » (Jn 8 :58)